Trolldom – Spells and Methods of the Norse Folk Magic Tradition
de Johannes Björn Gårdbäck
ed. Yronwode Institute for the Preservation and Popularization of Indigenous Ethnomagicology

 

Résumé de l’éditeur :

The folk magic of Sweden, Norway, and Denmark, has been practiced for more than 500 years. Now, after extensive research, Johannes Gårdbäck presents the fascinating occult art of Norse trolldom to an English-speaking audience.
This detailed account of traditional Scandinavian folk magic offers in-depth historical background, divination methods, and descriptions of practical trolldom, paving the way for the 2014 publication of hundreds of collected trolldom spells for love, money, protection, healing, and cursing.

Parce qu’à force de jouer dans la brume, je suis allée trop loin ou pas assez. Parce que je me sens un peu perdue quant à la direction à prendre. Parce que je sens bien que je tourne en rond et que j’aimerai bien atteindre le centre un jour. Je vérifie que mon cap est bon. Par les dieux, que j’arrive à destination !

128px-Vegvisir.svg

Vegvísir : ce talisman islandais est une boussole (c’est sa signification) qui nous aide, coûte que coûte, à retrouver son chemin. À l’origine, il est dit qu’il servait aux marins perdus dans la brume afin qu’ils ne s’échouent pas et retrouvent leur chemin. Il était alors dessiné avec du sang sur le front de la personne.

 

Nommée d’après la déesse solaire nordique du même nom. Au moment de la grande organisation qui a suivit la création du monde, Sól (le soleil) et ‪son frère Máni‬ (la lune) ont pris place dans les cieux, chacun dans un char tiré par deux chevaux. Une autre légende parle d’un homme, Mundilfœri, qui était tellement fière de la beauté de ses deux enfants qui les nomma des noms du soleil et de la lune. Les dieux pour punir Mundilfœri de sa prétention placèrent chacun des enfants à la tête des chariots qui transporteraient les deux astres à travers les cieux. Peu importe la légende, là où les choses se corsent, c’est que deux loups, ‪Sköll‬ et Hati, se sont mis à leur poursuite afin de les dévorer. Donc Sól et ‪Máni,‬ essayant d’échapper aux deux loups, se sont mis à courir à travers les cieux, enclenchant ainsi le rythme jour/nuit et de ce fait rythmant toutes choses, jusqu’au ‪jour du Ragnarök‬ où ils seront finalement rattraper et dévorer.

Ziu est un dieu souabe (ancienne région d’Allemagne) dont les fonctions sont similaires à celles de T‪ý‬r, avant que ce dernier ne se fasse détrôné par Odin. Donc, Ziu est un dieu du Ciel, de la Souveraineté et de la Justice. Il est, par association, garant d’une victoire juste. Il faut bien garder ça en tête quand on utilise cette rune et ne pas oublier qu’il y a un abysse entre la justice divine et celle des hommes. Voilà, ça c’est dit, c’est fait ^^.

Ul, c’est Waldh, dieu sylvestre de la guérison. Encore une divinité que je connaissais pas ce Waldh et si intéressant ! Il fait partie de ces divinités locales pré-germaniques comme Nehalennia qui méritent qu’on s’attarde un peu, voire longtemps :). Il apporte la force tranquille des forêts primordiales ainsi que leur pouvoir régénérant. Car Ul est avant tout une puissante rune de guérison qui apporte l’endurance nécessaire à vaincre la maladie et bien récupérer après. Quand je dis « maladie« , cela peut être n’importe quelle épreuve, n’importe quel tournant de notre vie. Elle nous garde sur les railles ^^. Travailler avec elle lors de ces moments nous renforce et nous stabilise.

Erda ou aussi Herta, Nerthus, Njörd, etc… est la Terre Mère, une divinité de fertilité et d’abondance. C’est la Matrice.

Son symbole me fait terriblement penser aux ‪Sheela Na Gig‬, ces sculptures d’une femme les jambes écartées ouvrant exagérément son vagin, montrant ainsi à la face du monde son origine. Elles sont dérangeantes et fascinantes à la fois 🙂 . Je retrouve cela dans Erda, cet aspect originel et chtonien.

SheelaWiki

Après avoir fait le tour des runes anglo-saxonnes et northumbriennes, je m’attaque aux dernières runes connus : les médiévales. Il s’agit d’un set de runes liées, utilisées quasi-exclusivement en magie (elles ne semblent pas servir à écrire ni fonctionner en un aett cohérent).

Le symbole de Wolfsangel représente un « crochet à loup » ou « hameçon à loup », un instrument médiévale servant à capturer et torturer les loups. Le procédé en lui-même est barbare mais très révélateur des pouvoirs de la rune (comme à chaque fois) : on attache à un arbre une corde avec au bout le fameux crochet caché par un appât (un morceau de viande par expl) – le loup gobe l’appât, le crochet avec – il ne peut plus s’enfuir et peut être tuer/torturer à loisir.

Gar fait référence à Gungnir, la lance d’Odin. Sa hampe serait en frêne ce qui la lierait à l’Arbre-Monde (déjà, pour moi, son appartenance à Odin suffit largement à la lier à Yggdrasil et au voyage chamanique mais bon ! ^^). Il est dit qu’une fois lancée, Gungnir ne peut être déviée de sa course et atteint toujours sa cible en plein coeur. Le pouvoir de Gungnir  est pour moi très révélateur des pouvoirs de Gar.

321Stan (se prononce shtane ou stane) est la rune de la pierre dans le sens : les fondations, le socle, la pierre angulaire… bref vous avez saisi ! C’est votre squelette, ce sur quoi vous basez l’ensemble de votre être et de vos croyances. Alors autant savoir de quoi il s’agit et vérifier sa solidité. C’est ce que travailler avec elle vous permettra. Ça tombe bien, c’est le moment du grand ménage de printemps et donc l’occasion de faire le tri, d’épousseter et d’astiquer tout ça ! ^^

27Yr, « l’arc en bois de if », me parle de focus. C’est l’archer qui vise sa cible, toute sa volonté centrée sur son but, plus rien d’autre n’existe. Pour atteindre son objectif, l’archer est sûre de lui, de sa position. Son corps est solidement planté dans l’ici et maintenant tandis que son mental, aiguisé comme une flèche, est totalement focalisé sur sa cible. N. Pennick voit dans le tracé de la rune une arbalète et aussi les trois racines d’Yggdrasil, l’Arbre Monde. Cela me conforte dans ma première impression car il y a ces deux aspects dans cette rune : la concentration et la stabilité nécessaires pour atteindre ses objectifs. Si nous ne sommes pas centrés, pas stables, comment faire le point et atteindre quoi que se soit ? C’est donc une rune de discipline, physique et mentale. Elle aide dans ce sens à prendre le recul nécessaire sur une situation, se calmer, s’enraciner, choisir la marche à suivre et y aller jusqu’au bout.

28Cette rune est communément associée à Jörmungand, le Serpent de Mer Géant dont les anneaux entourent Midgard et maintiennent le monde en place. Il symbolise la frontière entre Midgard et le reste des mondes. En même temps, on peut dire qu’il est le Tout du fait qu’il englobe ledit monde. Son caractère hermaphrodite vient conforter cet aspect double et aussi le fait que sa seule présence participe à la cohésion de notre monde mais entrainera sa chute au Crépuscule des Dieux (Ragnarök).

29Cette rune est parfaite pour ma reprise d’étude du Futhork et correspond bien à ce que je suis entrain de vivre. Elle parle d’impermanence, de décomposition, du passage d’un état à un autre, de l’inéluctable fin. C’est ce qui fait d’elle certainement une des runes de Hel, reine du Royaume des Morts. Selon Raven Kaldera, Ear représenterait un arbre ou une potence. Personnellement, j’y vois Hel ouvrant ses bras à tous. C’est vrai, à moins que l’on soit un super guerrier, il y a de forte chance qu’on finisse tous chez Elle ^^ . On peut aussi y voire comme une balance.

Quand j’ai créé mes runes il y a plus de 15 ans, je n’avais aucune idée de la place qu’elles prendraient dans ma vie. Passer un cycle entier à méditer dessus avec mes copines de la Toile du Wyrd, à me laisser imprégner de leurs pouvoirs, m’a fait entrer encore plus dans la grande famille qu’elles forment. Cela m’a tout naturellement amené à vouloir mieux connaître tout un pan de leur parenté que j’avais toujours mis de côté : les runes additionnelles du Futhark (ou Futhork) Anglo-Saxon, les Northumbrian et les Médiévales.

Chaque année dans ma ville, à l’approche de Noël, se déroule une grande exposition d’artisanat. Cette année j’ai découvert un lieu enchanteur remplit de très beaux mobiles suspendus avec des morceaux de bois, des clochettes en céramique et plein de symboles diantrement païens !
Le stand appartenait à une céramiste lituanienne, Rūta Pocevičiute, qui expliquait chaque symbole et chaque clochette à qui voulait bien entendre. ^w^