Shintô, sagesse et pratique

SHINTÔ | Sagesse et Pratique
de Motohisa Yamakage, éditions Sully

Biographie de l’auteur
Motohisa Yamakage, né en 1925, est le 79è Grand Maître du Yamakage Shintô. Il a joué un rôle majeur dans la diffusion de l’ancien Shintô et le renouveau de ses valeurs et de ses pratiques, tant au Japon qu’en Occident (il fût l’un des maîtres de Jean Herbert). Il est l’auteur de très nombreux ouvrages en japonais.

Résumé de l’éditeur :
Le Shintô est la religion ancestrale des Japonais, un ensemble de rites, de croyances, de mythes, de pratiques de purification et de lieux sacrés, qui sont autant de liens entre le monde des humains et celui des kamis, les divinités omniprésentes de la nature. Le Shintô est au cœur de la mentalité et de la spiritualité japonaises. Il est à la fois l’un des fondements de l’originalité et de la culture du Japon tout en ayant un caractère universel, notamment dans son rapport de la nature. Cet ouvrage nous présente par touches successives, puisque le Shintô est très divers, et n’a ni dogme, ni institution, ce qui en constitue son essence, son rapport au monde et aux kami, et sa pratique dans sa dimension personnelle. Il nous fait ressentir le mystère de son monde spirituel et nous initie, pour la première fois, aux techniques corporelles et rituelles qui ont été transmises depuis d’innombrables générations.

Mon avis :
Bien que l’auteur a parfois tendance à trop prêcher pour sa paroisse et à dénigrer les autres religions (c’est subtile et jamais flagrant mais suffisant pour m’avoir fait grincer des dents plusieurs fois), j’ai suivi Maître Yamakage sous le torii avec délice et émerveillement à la rencontre d’une religion si dépouillée qu’elle nous ramène à l’essentiel.
J’ai aimé cette rencontre avec le Shintô, sa vénération de la Nature, des Esprits et des Kami ; ses principes de droiture et de pureté (son rapport avec les miasmes est très proche de l’Hellénisme, la purification y est la base de tout).
J’ai eu des difficultés à saisir certaines notions et je crois que la barrière du langage y est pour beaucoup. Je me doute qu’il est parfois très difficile de traduire des concepts japonais en français. Par exemple, les termes « purification » et « péché » reviennent souvent ce qui m’a pas mal fait tiquer mais je crois que le japonais ne voit certainement pas la même chose que moi (avec mon éducation judéo-chrétienne) derrière le mot « péché ». Il en va de même avec la purification et les miasmes. Cependant, je peux dire que leur rapport avec la Mort est très proche de l’Hellénisme où le cadavre (ou toute proximité avec la mort) est un super miasme. Il est très intéressant de constater par ce livre que dans le Shintô, il n’y a pas de cérémonie funéraire (ou rarement et suivit de semaines de purification pour l’officiant). Le cadavre part de sa maison directement au cimetière en évitant soigneusement de passer devant le sanctuaire du coin.
Je dirai pour conclure que ce livre est, dans l’ensemble, une belle surprise. Cependant, j’espérai y trouver des pratiques plus ésotériques, ce qui n’est pas le cas. Par contre, comme je commençais à m’en douter, le Shintô accorde une très grande importance et un grand pouvoir au son (voyelles, musique ou mot de pouvoir). Ce qu’ils nomment le mot-esprit permet (bien sûr) de purifier et d’envoyer des intentions. Je suis sûre qu’il y a des pratiques bien précises que l’auteur n’a pas souhaité aborder ce que je comprends mais j’ai un début de piste, à moi de la remonter !