Formulaire de Haute-Magie

Je n’ai jamais aimé la Haute-Magie, en tout cas telle que je l’ai toujours perçu, c’est-à-dire en résumé : beaucoup de bruits pour rien. Si vous connaissez le Disquemonde de Pratchett, dites-vous que je crois plus dans les sorcières de Lancre que dans les mages d’Ankh-Morpork qui, selon moi, brassent beaucoup de vent, passent la majorité de leur temps à comploter pour devenir le prochain Archichancelier et à manger (et glander pour les moins ambitieux)*. Bref, laissons ce cher Pratchett de côté, vous avez saisi l’idée, pour moi la Haute-Magie, c’est compliquer inutilement quelque chose de très simple. C’est de la masturbation magique.

Comme je n’aime pas rester sur une première impression et surtout parce que j’aime comprendre pourquoi je n’aime pas quelque chose, je me suis penchée à nouveau sur la question. Cette fois-ci, j’étais bien décidée à creuser plus et à saisir ce qu’il y a derrière tout ça outre le plaisir manifeste de parler hébreu et d’agrandir sa garde-robe. Pour se faire, je cherchais un livre simple d’accès qui m’expliquerait les racines et les buts de la Haute-Magie. Le « Formulaire de Haute-Magie » de P. V. Piobb a rempli ce rôle comme un chef.

P. V. Piobb ou Comte Pierre Vincenti  Piobb était un homme de lettres et de sciences qui a consacré une bonne partie de sa vie à l’occultisme et sa compréhension. Pour cela, il fonda la Société des Sciences Anciennes, reconnue d’utilité publique, qui proposait alors cours, cycles de conférences, bulletins… sur des sujets aussi variés que l’astrologie, le Zohar, l’hermétisme, l’ésotérisme égyptien, la Kabbale, etc… Ce devait être franchement passionnant pour peu d’aimer ça :).

Son formulaire est un beau bébé de 300 pages et j’étais loin d’être sûre d’en venir à bout mais je l’ai fait. Piobb et sa façon bien à lui d’expliquer les choses y sont pour beaucoup. Bon, j’ai parfois grincé des dents quand il abordait la sorcellerie ou le chamanisme (même s’il n’utilisait pas ce terme) mais j’ai lu des opinions de « grands mages » bien pires sur le sujet. Non, sincèrement, Piobb est plutôt soft :D. J’ai surtout aimé toute la première partie de l’ouvrage (jusqu’au 8è chapitre) où j’ai trouvé les réponses à mes questions. Il y explique le sens de ce qu’on nomme la Haute-Magie, les différents courants, comment ces différentes traditions se sont influencées les unes les autres, les fondations, ce qu’est la magie (selon lui), les différentes forces en action. C’était passionnant. Toute la partie sur les correspondances était aussi très instructive. Il m’a perdu quand il a commencé à parler de nombres et de mathématique, et puis quand il a expliqué tout le cérémoniel indispensable à la Haute-Magie. Rien d’étonnant en ce qui me concerne, je n’ai définitivement pas l’esprit scientifique ^^’. Et c’est de cela dont il s’agit : une Science.

Ce que je peux dire aujourd’hui c’est que, grâce à Piobb, je sais pourquoi la Haute-Magie n’est pas faites pour moi. Je comprends pourquoi les mages tracent un triple cercle avec tels noms angéliques, tel type et tel nombre d’objets rituéliques autour d’eux en psalmodiant tels mots… et surtout, je comprends pourquoi JE choisis de ne pas le faire. Donc merci Mr Piobb, j’aurai franchement aimé vous rencontrer, vous m’aviez l’air d’être quelqu’un d’absolument fascinant :).

Si vous êtes vous aussi curieux, vous trouverez facilement cet ouvrage édité chez Dangles ou gratuitement sur le net. Et comme je suis une incorrigible fouineuse, il se pourrait bien que sa « Clef Universelle des Sciences Secrètes » me tombe bientôt entre les mains :). Je vous en dirai plus ^^.

* Bon ok… Ils ont leur utilité mais je me demande jusqu’à quel point ils ne provoquent pas les problèmes qu’ils résolvent.