Jailbreaking the Goddess

par Lasara Firefox Allen, éd. Llewellyn

Résumé de l’éditeur :

Jailbreaking the Goddess is a revolutionary revisioning of the feminine divine. Where the maiden, mother, crone archetypal system is tied to female biology and physical stages of life, the fivefold model liberates the female experience from the shackles of the reproductive model.

In a woman’s lifetime, she will go through several different cycles of beginnings, potential, creation, mastery, and wisdom. This fivefold model is not an adaption of the threefold. It is a new system that embraces the powerful, fluid nature of the lived experience of women today.

Join Lasara Firefox Allen as she explores the nature of the five archetypes; gives examples of what areas of life each might preside over; lists goddesses that fit within each archetype; suggests ways to begin building relationship with the different archetypes; and provides simple rituals for recognition, transition, and invocation.

Mon avis à moi :

Tout d’abord le résumé de l’éditeur n’est pas très honnête sur l’actuel contenu du livre. (J’ai d’ailleurs été très surprise que ce livre sorte chez Llewelynn tant les sujets abordés sont casse-gueules, ceci explique sûrement cela).
Ce livre est en fait un manifeste féministe intersectionnel dont le fameux système des 5 nouveaux archétypes n’est qu’une petite partie. Ce qui est très dommage car c’est ma partie préférée et j’aurai adoré qu’elle soit bien plus développée.
Là, j’ai plutôt le sentiment que l’auteure a voulu partager sa vision d’une toute nouvelle société d’un coup et faire rentrer toutes ses idées à tout prix. Ce qui donne, au final, un livre très chaotique et difficile à suivre (en tout cas dans la 1ère partie). C’est d’autant plus dommage car les sujets abordés sont importants : le statut de la femme, le racisme, l’acceptation des différents  genres dans les communautés païennes, l’appropriation spirituelle, (un petit tacle à la pensée positive au passage qui n’est pas pour me déplaire)… Bref, tout cela aurait largement mérité un livre à part.

Comme j’ai acheté ce livre pour connaître sa vision de « la Jeune Fille, la Mère et la Vieille », voyons un peu ce qu’elle nous propose.
Cette partie-là du livre est écrite dans un style bien plus poétique et agréable que le reste. Ces différents visages m’ont énormément parlé, essentiellement parce qu’ils sont totalement ouverts à toutes les différences, complexités et subtilités qui font un être humain.
Si on ne les prend pas au 1er degré (mais malheureusement, il y en aura toujours),« la Jeune Fille, la Mère et la Vieille » permet également cette projection, on reste après tout dans de la symbolique pure. Mais c’est vrai qu’assez tôt, je me suis éloignée de cette représentation pour explorer mes cycles d’une façon plus adaptée à mes ressentis et à mon identité (et je me rends compte en en parlant autour de moi que je suis loin d’être la seule). C’est ce que je retrouve dans ces 5 visages :

  • Femela : l’enfant
  • Potens : la femme de pouvoir
  • Creatrix : celle qui crée
  • Sapientia : la femme d’art et de savoir (celle qui sait)
  • Antiqua : l’ancienne

Chaque archétype est à la fois linéaire et non-linéaire. Chacune a son sigil, différentes facettes par lesquelles elles s’expriment ( occulte, sexuelle et de pouvoir), différentes pistes de réflexions pour l’aborder, une liste (non-exhaustive) de divinités liés (dieux et déesses), des jours spéciaux, des rites de passages, des idées d’offrandes, les animaux/plantes/couleurs/saisons associés, etc… Bon, ok, il y a tout de même pas mal de grain à moudre :). Mais pourquoi ai-je cette sensation de « pas assez » ?

La 2ème partie du livre aborde la pratique en elle-même, particulièrement au sein d’un groupe (et d’ailleurs, j’ai le sentiment que l’ensemble du livre est pensé pour un travail en groupe). J’ai trouvé ses conseils pertinents pour assainir et créer de bonnes bases claires, à la fois solides et modulables. Le jour où j’aurai envie de créer un coven ou de faire partie d’un, j’aurai ses conseils en tête.
Son idée d’approcher les dieux comme on le ferait de sa famille et de ses amis n’a rien de nouveau pour moi (mais tant mieux si ça touche d’autres personnes). Elle aborde également le channeling ainsi que les différents contrats qui peuvent nous lier à une divinité. Je reste super mitigée sur cette partie-là. Il n’y a pas assez de garde-fou à mon goût.
Le reste est un peu décevant pour un livre qui veut tout révolutionner : ses rituels sont très bateau, tout ce que je me fais un plaisir à barrer, raccourcir, reformuler. Le seul rituel intéressant invoque les 5 archétypes mais nécessite un groupe, c’est ballot ! XD (mais bon, ce n’est pas ça qui va m’arrêter, je vais adapter ! 😀 )

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Lasara Allen y va à fond. Que l’on adhère ou pas, on ne peut pas lui enlever ça 😀 . Il y a quelques sujets qui m’ont énervé, d’autres mis mal à l’aise, et je la remercie d’avoir su défendre son point de vue. Ce n’est clairement pas le livre que j’attendais… mais comme pour tout, je vais prendre ce qui m’intéresse et laisser le reste infuser.